2 Neurones & 1 Camera

Olivier Thereaux

Treasure Hill

Pour aller à Treasure Hill il faut d'abord aller à Gongguan. C'est un terminal de bus en effervescence quasi-permanente, qu'il fasse jour ou nuit, et me rappelle à bien des égards les recoins un peu vieillissants du Shibuya des années 2000.

J'ai pris le bus pour Gongguan. Le troisième de la journée. Le réseau est relativement simple à naviguer, les annonces sont multilingues: à mon oreille de novice, il me semble entendre en trois ou quatre accents de mandarin les noms des prochains arrêts. Mandarin, Cantonais, et Hakka, peut-être?

Par principe, j'essaie le plus souvent de prendre le bus dans chacune des villes que je visite. J'avais écrit il y a des années que le bus restait un système généralement trop complexe pour beaucoup, que l'on soit visiteur ou pas. J'ai depuis continué mon expérimentation de la Californie à l'Australie, et mon opinion a peu changé – mais je reste convaincu qu'avec la marche, il reste un des meilleurs modes de découverte de la ville, tellement mieux que le métro souvent glauque et littéralement sorti du contexte de la ville dans des tunnels sans identité. Le taxi, au moins, a à son crédit le potentiel de rencontre et d'échanges avec les conducteurs, pour peu qu'ils soient loquaces. Les taxis de Taipei, d'après mon échantillon, font dans le borborygme minimaliste.

Treasure Hill n'est qu'à 10 minutes à pied de Gongguan, mais pourrait être un tout autre monde: une ruine, un jardin, un labyrinthe d'escaliers et de petits couloirs de béton. Mais surtout, en plein contraste avec une histoire d'occupations successives et un pédigrée militaire, Treasure Hill ralentit le pas, allonge le temps et libère les sourires.

C'est un petit havre de paix, plutôt vide en cette fin d'après-midi. Il y a bien des touches de vie: un homme arrose le jardin potager, quatre jeunes femmes montent une structure de roseaux, deux artistes de passage m'alpaguent en une brève mais amicale conversation.

Mais je visite la plupart des expositions saupoudrées à travers le complexe seul, découvre et médite seul dans les recoins en ruine du site, et finalement, m'asseois sur un banc pour un moment, en silence, alors que la nuit tombe.

Avant/Après

Taipei

2018-12-25

Octobre 2018: Trois jour à quadriller les allées de Taipei, observer la vie depuis ces ruelles sans trottoir, à mi chemin entre espace public et privé.

À suivre / 15 photos


Dans les environs

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