2 Neurones & 1 Camera

Olivier Thereaux

La Grande Muraille

6h10. 6h20. 6h30. 6h40.

Comme prévu, ou du moins comme je le craignais, ils sont en retard. J'avais certes réservé un peu au dernier moment, avant le départ, et confirmé seulement hier l'endroit exact où venir me chercher. Et j'ai du mal à croire qu'un bus, même un minibus, parviendrait à me trouver dans mon recoin de hutong.

Trop ensommeillé pour paniquer. Pas ma faute s'ils promettent le départ depuis la réception de mon hotel, n'importe quel hotel. J'ai des goûts hoteliers bizarres, moi.

6h45. Essoufflé, Chen traverse la cour du complexe Fangjia 46 au galop, prend à peine le temps de vérifier que je suis qui je suis, mais trouve quand même juste assez d'un recoin de poumon pour se plaindre un peu d'avoir eu un mal fou à me trouver, et me demande comme ça, en passant, sans vouloir être malpoli, mais j'ai trouvé facilement, moi, là?

Pas là, non.

On s'enfourne dans le minibus débordant de corps assoupis. Direction le nord de Pékin, ou l'on rejoint un car de taille plus respectable, un petit groupe qui s'impatiente, une brique de brioche sous plastique contre les gargouillis abdominaux.

Et c'est parti pour une route dont je n'ai aucun souvenir: le décalage horaire fait son effet, et 7-8 heures du mat' est l'horaire parfait pour un somme.

Deux heures plus tard, la route de montagne tourne à la piste. Nous traversons le site de la construction d'une nouvelle autoroute et d'une ligne de TGV.

Sous le soleil déjà brutal, les ouvriers regardent passer notre car comme un OVNI. Il semblerait que la promesse d'un pan de muraille loin, loin des sentiers battus n'était pas tout à fait une blague.

Quelques cahots et une grimpette pavée plus tard, nous voilà enfin sur la muraille, immense, magnifique, solitaire et presque incongrue: elle grimpe et chute en suivant les reliefs, de tour de guet en tour de guet, comme un trait d'union sur une carte qui aurait eu l'idée de se manifester dans le territoire.

Je pars vite, me retrouve seul entre les stakhanovistes de tête et le petit peloton bavard. Parfait.

Le reste? que dire du reste. Les superlatifs seraient grossiers, les anecdotes sur les coups de soleil, la montée à quatre pattes sur les pans giflés de vent réveillant une vieille propension au vertige, les jambes qui fatiguent dans les descentes traîtres de poussière asséchée, tout cela ne dit rien de vrai.

Il reste le silence, la solitude aussi, trois heures et demi d'émerveillement, et d'extase, et de douleur — sans doute la plus belle et peut-être la plus dure randonnée que le monde m'aura jusqu'ici offerte.

Avant/Après

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Dans les environs

Dans les hutongs

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Avril 2001. Une semaine (brumeuse) à Kowloon et Hong-Kong pour un meeting du w3c.

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