2 Neurones & 1 Camera

Olivier Thereaux

Rituels

Rayon de soleil hivernal.

Juste assez pour que le code vestimentaire s'étire de la doudoune au nombril-à-l'air, pour éblouir ces yeux bleus, pour que ce café puisse laisser sa porte grande ouverte, comme une double promesse de bienvenue et d'air frais, juste assez pour faire baisser pour quelques instants les défenses misanthropes et agoraphobes que ces deux dernières années ont érigé devant nos sourires.

Juste assez pour faire fondre la noire glace qui emprisonne nous pensées, juste assez pour respirer, ne serait-ce qu'un instant.

Sitting toweling myself in a little restaurant above the bay, I chatted to the old man who ran it. He was busy trying to puzzle out how his new electric cash register worked, and in between mouthfuls of fried rice I told him about the jellyfish

‘That's quite out of the question’, he said with authority

‘But I saw it. I can still feel the tingling on my face’.

The old main pointed across at a calendar. ‘You see,’ he said as though to a child, ‘the jellyfish season ended yesterday.’

The Roads to Sata Alan Booth

Le problème, quand on a une mémoire photographique, c'est qu'après l'expérience de ce deux dernières années, ce ne sont pas des fragments de la Yamanote qui me passent devant les yeux, mais des couloirs d'hopital.

Je souffre aussi du manque de nouvelles images à graver dans mes rétines, et peine à envisager le mondre d'après, aux contraites écologiques évidemment bien peu compatible avec cette bougeotte —je préfère l'érotisme assumé du terme Wanderlust— qui a défini tout mon âge adulte.

Alors, dans cette routine cadrée de quatre murs, pas tout à fait le "voyage autour de ma chambre" de de Maistre mais presque, j'observe ma reconfiguration en animal casanier, la transcendence de l'habitude au rituel, tel ce repas japonais que le cuisine maintenant presque tous les dimanches, une drôle de tournure au sempiternel rôti du dimanche.

Et puis, pour qui a étudié en long, en large et en travers le concept fugace de la sérendipité (ou, pour les académiciens et autres traditionnalistes, l'heureux hasard), il est presque vexant de se voir découvrir un nouveau champ d'appréciation musicale par le simple fait d'avoir changé de crèmerie: les récents scandales de Spotify m'ont poussé (sans trop d'inertie, il faut avouer) dans les bras du voisin Tidal, qui, par faute de s'être fait de moi une image aussi limpide et inamovible que celle que s'en faisait son concurrent, me propose des artistes et albums dont je n'avais encore jamais entendu parler. Pas toujours réussi, mais parfois immensément satisfaisant.

C'est dans l'imperfection que la magie réside. Encore et toujours.

And when the Patrician was unhappy, he became very democratic. He found intricate and painful ways of spreading that unhappiness as far as possible.

Guards! Guards! Terry Pratchett

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