2 Neurones & 1 Camera

Olivier Thereaux

Paris, renaître

Il y a quinze ou vingt ans, inspiré de ces quatrièmes de couverture et catalogues d'exposition, je me rêvassais une biographie me décrivant "vivant entre Paris et Tokyo", omettant de specifier ce pour quoi je serais célèbre et qui me permettrait de payer pour ce style de vie — cela viendrait plus tard.

Une décennie à me ruiner la santé à coups d'aller-retour Narita-Boston, presque deux ans en suspens à vivre ni vraiment à Montréal ni à Tokyo m'ont ensuite un peu refroidi. Mais malgré tout, malgré la conscience aiguë que je ne peux plus échanger mes air miles que pour culpabiliser sur ma contribution personnelle au dérèglement climatique, je conserve un candide désir pour une vie qui me permettrait de donner corps au pluriculturalisme qui peut-être plus que tout me définit.

Tokyo n'est presque plus qu'un souvenir qui rouille et s'effrite d'année en année, et j'ai trouvé entre deux collines du Sussex des racines que je ne me serais jamais imaginé pousser.

Et pourtant.

Presque par un hasard incongru, un nouveau boulot m'offre l'occasion de réinventer mes habitudes, et recentrer ma géographie. Travailler de la maison, ou bien prendre mes habitudes dans l'un des nombreux espaces de "coworking" de Brighton? Irai-je assez souvent à New York or Lisbonne pour y adopter quelques lieux fétiches?

Et Paris. Montmartre, le sacré-cœur et le café d'Amélie Poulain dégoulinants de touristes.

Mais à qui sait naviguer le lieu et le non-lieu, à deux pas du grouillement, il y a les allés, les ruelles, les trottoirs, un monde entier de dérive pour moi tout seul, sous la canicule insensée, 37 degrés le matin, renaître comme le cliché de mon vieux rêve, toujours pas célèbre, mais souriant, béat, de me savoir vivre “entre Lewes et Paris”.


Pourquoi apprendre? Pourquoi apprendre à l'âge adulte, alors que les facultés cognitives déclinent, alors que tout prend plus d'effort, alors que la vie et les responsabilités pèsent assez sans avoir à en rajouter.

Pourquoi préparer un examen quand il n'y a (plus) personne d'autre que soi à rendre fier, pas besoin d'un bout de papier à dorures pour continuer sa voie, pas besoin de motivation pour se poser tous les soirs et pratiquer un peu, progresser un peu, parfois régresser aussi, souvent être frustré de ce corps réfractaire, endolori, incapable de mémoriser de nouveaux tours comme le feront naturellement ces adolescents pour lesquels cet examen est conçu?

Pourquoi payer pour risquer l'humiliation, pourquoi courir le risque d'avoir passé tant de mois à se préparer pour tout gâcher en un instant de trac, d'anxiété faite corps? Pourquoi risquer de faire face aux choix immonde d'abandonner devant l'échec, ou de repartir pour un tour de masochisme?

Pourquoi souffrir les mains qui craquent, les muscles qui fatiguent, le doute, les nuits blanches à se ressasser un leitmotif joué 100 fois du crépuscule à minuit, quand il y a tant de livres à lire, et que les soirées sont douces et propices à s'enivrer sur les chaises du balcon?

Pourquoi? Pour l'ivresse du résultat peut-être, la validation externe, le passage d'une étape d'un périple démarré il y a 8 ans, ou 13, ou 38 —tant de façons de compter.

Qu'importe, je ne vais pas bouder le plaisir de ce "Merit" mérité d'un tout petit point, mérité de centaines d'heures de pratique et de révision. Le hasard se moque bien de la justice, et loin de moi l'idée que l'univers me devrait un peu de joie ou de bonheur, mais quand il décide de bien vouloir m'en faire miroiter, bien sot serais-je de ne pas les saisir.

Avant/Après

Rituels

2022-02-20

Alors, dans cette routine cadrée de quatre murs, pas tout à fait le "voyage autour de ma chambre" de de Maistre mais presque, j'observe ma reconfiguration en animal casanier, la transcendence de l'habitude au rituel

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Melbourne

2022-12-26

Août 2022: retour aux antipodes, en hiver cette fois, pour y découvrir la ville dans la ville dans la ville.

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Dans les environs

Octobre 2011: Paris l'étrangère

2012-07-11

Pendant toutes ces années, je la jaugeais familière, elle m'apparaissait aliénée.

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Paris, en passant

Mars 2001. De passage à Paris.

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Paris

2017-04-28

Fevrier 2017: Paris. Paris me semble vide. Calme. Réduite au silence.

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Paris, France

Février-Mars 2004: Une semaine en Noir et Blanc a Paris (et des photos des aeroports d'Orly et Nice).

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Paris

2021-12-30

Février 2021: La tendresse d'une fine couche de neige sur les quelques mètres carrés de ma vie pour un mois. Et l'amitié, simple, salutaire.

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